Le matin, on se réveille, et alors les questions tournent dans la tête.

Existe-t-il encore des terres libres ? Jusqu’où faut-il aller pour les créer ? Pouvons-nous tout recommencer ? Et à quel prix ? Faut-il abattre ce que l’on rejette ou faut il imaginer, construire, bifurquer ailleurs ? Le sang, finira-t-il forcément sur les mains ? On se regarde et on se rend compte que la joie est là. Qu’on se sent enfant. Et qu’on est fatigué d’écouter ceux qui proclament la fin de toute chose, lassé de voir les gens raser les murs par peur de prendre un coup, épuisé de se prélasser dans une mélancolie stagnante. On est au contraire prêt à en découdre et prêt à jouer. Prêt à écrire un nouveau chapitre, non à contempler la chute.

Et on se dit qu’il y a trois siècles, des femmes et hommes révoltés ont occupé pour un temps les Bahamas et en ont fait une terre libre.

Des vengeurs, des radicaux, qui portaient les mots « justice », « vengeance », « démocratie » dans leurs faces les plus sombres. Des femmes et des hommes contradictoires, joueurs et exubérants. Des hommes libres, pleins d’un monde qu’ils rejettaient, et qui en imaginaient un autre. Un monde de paradoxes, d’impasses, où la mort est au bout du chemin mais où la vie y est grand-sourire. 

Trois siècles plus tard, mais rien n’a changé. Pirates d’hier, questions d’aujourd’hui.

Alors voici Chroniques Pirates qui vient à Paris, un rendez-vous joyeux et commun pour reconquérir le territoire de nos rêves. Une déclaration de guerre avec un pistolet à bouchon. Une affirmation qu’on ne sait rien si ce n’est que ce n’est pas fini.

CHRONIQUES PIRATES du 6 au 14 janvier 2020, au théâtre L’Échangeur de Bagnolet 20h30 | 14h30 et 20h30 lundi 13 et mardi 14 | relâche dimanche 12